Cette exposition en plein air est donc accessible gratuitement dans le cloître du musée, c'est une galerie courant autour de la cour intérieure du musée de la vie wallonne. Elle fait souvent l'objet de présentation de photos librement offertes à la prise de vue mais je reconnais que l'automne avec son soleil oblique est bien plus propice aux photos : la luminosité sans excès donne un bien meilleur rendu.
Cette exposition complète l'exposition "Gustave Marissiaux - La mine en lumière" installée au second étage du musée. Il faut payer le combo exposition permanente et temporaire pour y accéder ou être, comme moi, en possession du pass museum pour y entrer gratuitement. Nous n'étions pas suffisamment intéressés pour nous y rendre et je n'avais pas non plus envie de revoir l'exposition permanente actuellement; en effet, les journées sont courtes et, par cette belle journée ensoleillée (au soleil, les t° restaient correctes) je préfèrais me balader en centre ville avant d'envisager mon départ.
François Maréchal, contemporain de Gustave Marissiaux, est une grande figure artistique liégeoise de la première moitié du XXe siècle. Graveur reconnu, professeur puis directeur de l'Académie royale des Beaux-Arts de Liège, il a marqué l'histoire artistique locale et contribuer au développement de l'enseignement de la gravure. Il fut également un témoin privilégié d'une ville en pleine mutation qu'il s'est plu a représenter à travers ses gravures et eaux-fortes. Rues, quais, impasses et vieux quartiers de Liège donnent un visage populaire, laborieux et profondément humain bien plus réel que les représentations officielles et cartes postales anciennes.
Il a délibérement opté pour les lieux ordinaires et les "petites gens" - oubliant monuments et perspectives spectaculaires - pour offrir à son oeuvre des ruelles étroites, un quai animé, une façade modeste ou un coin de rue. Son témoignage permet de retrouver des lieux disparus et effacés par les transformations urbaines successives tout en offrant à la postérité le souvenir d'un paysage urbain inconnu par nos contemporains mais dont l'empreinte est restée dans l'identité collective de Liège.
Certes, l'exposition ne présente que des reproductions mais la qualité de celles-ci reflète parfaitement les oeuvres originales; j'ai beaucoup aimé ces scènes de vie populaire reconnaissant la valeur documentaire de l'oeuvre. Ici, pas d'aristocrates ou de bourgeois mais bien des passants, des travailleurs, des silhouettes anonymes occupant l'espace ubain et animant quais et faubourg ! Cela change tellement des portraits de haut dignitaire figé et protocolaire.
Cette petite exposition, finalement sans prétention, était une agréable prise de conscience que l'art ne se rencontre pas seulement dans les musées des Beaux Arts avec les grands peintres mais aussi à travers la vision simple des observateurs qui témoignent à leur manière de la vie de tous les jours. Paradoxalement, si j'ai apprécié le témoignage, je suis bien heureuse de ne pas vivre dans cette époque révolue où ma vie aurait probablement été nettement moins agréable qu'aujourd'hui ! Finalement, les images du passé permettent d'apprécier le présent (en faisant abstraction une fois encore de certaines réalités de terrain parfois alarmantes).
