vendredi 6 novembre 2026

Expo "François Maréchal - mémoire gravée de Liège" - Musée de la vie wallonne

 

Cette exposition en plein air est donc accessible gratuitement dans le cloître du musée, c'est une galerie courant autour de la cour intérieure du musée de la vie wallonne. Elle fait souvent l'objet de présentation de photos librement offertes à la prise de vue mais je reconnais que l'automne avec son soleil oblique est bien plus propice aux photos : la luminosité sans excès donne un bien meilleur rendu.



"L'exposition "François Maréchal. Mémoire gravée de Liège" met à l'honneur les gravures de François Maréchal, contemporain de Marissiaux, dont le regard artistique, distinct mais complémentaire, offre une autre réalité. Directeur de l'Académie royale des Beaux-Arts de Liège de 1913 à 1920 et fondateur du premier cours de gravure, il est ici présenté à travers une exceptionnelle collection privée appartenant à M. Angelo Danubio."

Cette exposition complète l'exposition "Gustave Marissiaux - La mine en lumière" installée au second étage du musée. Il faut payer le combo exposition permanente et temporaire pour y accéder ou être, comme moi, en possession du pass museum pour y entrer gratuitement. Nous n'étions pas suffisamment intéressés pour nous y rendre et je n'avais pas non plus envie de revoir l'exposition permanente actuellement; en effet, les journées sont courtes et, par cette belle journée ensoleillée (au soleil, les t° restaient correctes) je préfèrais me balader en centre ville avant d'envisager mon départ.




François Maréchal, contemporain de Gustave Marissiaux, est une grande figure artistique liégeoise de la première moitié du XXe siècle. Graveur reconnu, professeur puis directeur de l'Académie royale des Beaux-Arts de Liège, il a marqué l'histoire artistique locale et contribuer au développement de l'enseignement de la gravure. Il fut également un témoin privilégié d'une ville en pleine mutation qu'il s'est plu a représenter à travers ses gravures et eaux-fortes. Rues, quais, impasses et vieux quartiers de Liège donnent un visage populaire, laborieux et profondément humain bien plus réel que les représentations officielles et cartes postales anciennes.





Il a délibérement opté pour les lieux ordinaires et les "petites gens" - oubliant monuments et perspectives spectaculaires - pour offrir à son oeuvre des ruelles étroites, un quai animé, une façade modeste ou un coin de rue. Son témoignage permet de retrouver des lieux disparus et effacés par les transformations urbaines successives tout en offrant à la postérité le souvenir d'un paysage urbain inconnu par nos contemporains mais dont l'empreinte est restée dans l'identité collective de Liège.





Certes, l'exposition ne présente que des reproductions mais la qualité de celles-ci reflète parfaitement les oeuvres originales; j'ai beaucoup aimé ces scènes de vie populaire reconnaissant la valeur documentaire de l'oeuvre. Ici, pas d'aristocrates ou de bourgeois mais bien des passants, des travailleurs, des silhouettes anonymes occupant l'espace ubain et animant quais et faubourg ! Cela change tellement des portraits de haut dignitaire figé et protocolaire.

Cette petite exposition, finalement sans prétention, était une agréable prise de conscience que l'art ne se rencontre pas seulement dans les musées des Beaux Arts avec les grands peintres mais aussi à travers la vision simple des observateurs qui témoignent à leur manière de la vie de tous les jours. Paradoxalement, si j'ai apprécié le témoignage, je suis bien heureuse de ne pas vivre dans cette époque révolue où ma vie aurait probablement été nettement moins agréable qu'aujourd'hui ! Finalement, les images du passé permettent d'apprécier le présent (en faisant abstraction une fois encore de certaines réalités de terrain parfois alarmantes).


Expo "Mémoire tissée" - Musée de la Vie Wallonne - Liège

 


Une fois de plus, mes pas m'ont emmenés à Liège ce jeudi 5 novembre. J'avais en effet pris rendez-vous avec mon amie liégoise pour visiter l'exposition temporaire sis au Musée de la Vie Wallonne, à deux pas du Palais des Princes Evêques (et de la Place où l'implantation du marché de Noël a déjà commencé).


 J'ai été assez triste de constater que les vitrines des magasins, situés sur le Boulevard face au Palais, ont conservé leurs panneaux d'agglomérés en guise de protection contre les émeutiers qui ont fait les tristes jours de Liège pendant les manifestations et en vue des futures organisations qui auront encore lieu ce mois de novembre. Je me suis également aperçue que, comme à Bruxelles, il ne faut pas se contenter de regarder les rez-de-chaussée mais les étages pour découvrir les maisons anciennes (et en piteux état) et autres façades de maisons de maître aux décors et sculptures remarquables ! Il est parfois intéressant de s'arrêter au terrasse d'un café pour prendre un verre tout en observant l'environnement : je reconnais que les arbres dénudés permettent une tout autre vision de cette place !


A nouveau, j'ai choisi d'y accéder en train et descendre en gare Saint-Lambert : c'est une excellente manière d'accéder rapidement au centre historique de Liège : entre Gare des Guillemins et la gare de Herstal (toute proche à la sortie de la ville), le parcours est en grande partie souterrain et vous permet de rejoindre rapidement le "Carré" (aussi nom de la gare intermédiaire) - quartier se trouvant proche du Pont d'Arvoy - et donc la gare St-Lambert (proche du Palais).





Nous avons donc rejoint le musée peu avant midi (horaire plus calme pour les visites). Après avoir fait le tour de la galerie - à moitié couverte - autour de la cour intérieure où nous avons pu voir l'exposition gratuite "François Maréchal" (article suivant); nous avons pris nos tickets d'entrée pour l'exposition à l'accueil. Bonne nouvelle : mon pass museum me donne aussi l'accès gratuit aux expositions temporaires ! Comme pour l'exposition "Rio", l'Eglise St Antoine désacralisée offrait son cadre majestueux à une exposition qui occultait beaucoup moins la beauté de celui-ci.



L'exposition reprend donc la mode - essentiellement féminine - de 1795 à nos jours, soit plus de 2 siècles d'histoire du textile explorés à travers les vêtements, corsets, photos et archives. Le musée a donc ressorti de ses réserves bien des vêtements d'époque (avec une petite collaboration du Musée Mode & dentelles de Bruxelles) présentés au public sans vitres ni obstacles (il était cependant chaudement recommandé de ne pas toucher aux objets présentés); seuls les nombreux accessoires se trouvaient dans des vitrines (probablement pour éviter les vols).






Le parcours questionne les normes corporelles, l'émancipation (notamment des femmes) et les défis actuels de l'industrie textile (mode durable, éthique et fast fashion).








J'ai vraiment trouvé le sujet très intéressant et mon attrait est allé crescendo en me rapprochant des périodes connues et en reconnaissant que la mode a parfois été franchement extravagante (80')... dire qu'on s'habillait comme ça !!







Certains vêtements sont replacés dans le contexte (70') avec meubles et détails qui démontrent à quel point, l'évolution a été rapide au fil du temps.



Le plus incompréhensible est cette période - heureusement révolue - du port des corsets, véritable instrument de torture et l'évocation de ses conséquences sur la gente féminine : je suis heureuse de ne pas avoir vécu ce triste moment où fille et femme risquaient vie et santé pour suivre les diktats de la mode. Contente aussi, qu'à un moment, les enfants aient cessé d'être considérés comme des adultes miniatures pour obtenir des vêtements adaptés à leur mode de vie.




Honnêtement, j'ai trouvé l'exposition intéressante et bien conçue, même si j'aurais apprécié davantage de modèles. Malheureusement, je n'ai pas pu prendre un verre dans la brasserie "Le cloître" car la présence de touristes néerlandophones venus en car était extrêmement bruyante et prenait quasi toute la place. Cette salle est adjacente à l'accueil et se trouve dans l'ancien cloître des frères mineurs... d'où son nom).  Je ne regrette donc pas mon passage dans la cité ardente. Liège est une ville que j'aime de plus en plus bien qu'il faille faire abstraction des quartiers douteux, éviter certaines rues comme dans toutes les grandes villes où criminalité et pauvreté font le lit du vandalisme et de la violence qui se cache de moins en moins. 


Je suis à nouveau passé par la Foire d'octobre en m'efforçant de quitter les lieux avant la foule et reprendre le train peu après le coucher du soleil pour éviter les diverses nuisances citadines. Je n'ai pas manqué d'admirer le superbe carrousel anversois avec son lustre d'antan et son magnifique orgue de barbarie ! J'ai renoncé aux Lacquemants dégoulinant de sirop trop sucré à mon goût (que l'on peut désormais également acheté en pot pour agrémenter le gibier). J'ai vu avec étonnement que le mot "Lacquemant" est décliné dans toutes les orthographes suivant les vendeurs différents...

Ce fut encore une bien belle journée : l'automne offre un décor différent à cette ville prestigieuse même si le temps sur place est désormais limité à 17h.

Petite anecdote : en rejoignant la foire d'octobre, nous sommes passés par la rue Pont d'avroy, les ouvriers communaux venaient de finir de poser les quatre nouvelles dalles qui seront dévoilées lors du festival de film de comédie de Liège (la semaine prochaine) en présence des acteurs français célébrés : Jean Dujardin, Agnès Jaoui, Bernard Campan et David Salles.