Contrairement au Bois du Cazier (Marcinelle), le Bois-du-Luc n'est pas seulement un ancien charbonnage mais bien un domaine minier comprenant en plus du musée (le charbonnage proprement dit et la fosse) des zones privées telles le village minier et la maison du directeur de la mine. C'est le plus ancien charbonnage de Belgique qui a clôturé sa liquidation seulement en 2025 (bien qu'il soit à l'arrêt depuis 1973 et mis en liquidation en 1975).
La visite commence donc en dehors du site pour parcourir la "cité ouvrière" (création de 1838 à 1853) soit un ensemble de maisons ouvrières (anciennement propriétées de la mine et louées aux mineurs) désormais occupées par des habitants ayant racheté le bien. Une seule maison est restée propriété du musée et peut être visitée lors d'une visite guidée. Je me suis présentée comme visiteur libre et ais effectué la visite avec un audioguide (gratuit avec la présentation du pass museum). Le "village" est assez grand et forme quatre parallélépipèdes à la croisée de quatre rues portant le nom des points cardinaux. A l'origine, les maisons étaient de plein pied puis un étage y fut ajouté pour inciter les mineurs à y rester. N'oublions pas que les patrons étaient assez paternalistes et voulaient garder leurs ouvriers (en leur offrant maison, magasin en plus du travail) : le but était que les ouvriers travaillent, dépensent et vivent sur le domaine. A cet effet, les lieux devaient être agréables et fournir tout ce dont les travailleurs avaient besoin : des écoles unisexes, des centres de santé ainsi qu'un point vert.
La maison du directeur se trouvait juxtant le charbonnage et les ateliers afin que le directeur puisse être proche de son investissement (ai-je dit surveillance ?) L'Entreprise occupait tant les hommes, les femmes que les enfants !
La visite se poursuivait dans l'espace minier avec bureaux et ateliers pour la partie administrative dans un bâtiment art-déco et un grand entrepôt pour la partie technique. L'important étant la rentabilité, il était essentiel que les frais soient minimum en traitant le maximum sur place, sans devoir acheter de matériel ailleurs.
Il fallait ensuite sortir de l'espace du musée pour rejoindre l'ancienne "Fosse Saint Emmanuel"
L'entrée se fait par une petite potèle avec digicode (fourni avec le plan du site) et donnant l'accès exclusif au dernier bâtiment minier existant.
Un circuit permet de reconstituer l'existence des mineurs et informe des conditions de travail avec ses désagréments et son évolution à travers les générations. Le message veut exprimer que les conditions de vie étaient meilleures qu'ailleurs et que les travailleurs étaient heureux malgré le danger. A mon sens, cela restait de l'esclavage (tarifié) avec son lot de maladies professionnelles et d'accidents (même s'il n'y a pas eu de catastrophes - coup de grisou - comme à Marcinelle).
Mon ressenti ? Ce vestige du passé est un lieu à visiter pour la mémoire et se rendre compte que les conditions de travail se sont améliorées : aujourd'hui, le travailleur ne court plus un danger mortel mais le stress a seulement changé d'aspect.
A noter qu'il y a un passage difficile pour les personnes sujettes au vertige : ce passage est fait de verre afin de permettre de voir la profondeur de l'espace sous le bâtiment (je n'en sais pas plus car j'ai renoncé à regarder... et y suis passé yeux fermés après 10 minutes de négociations avec moi-même !) Je ne regrette pas d'avoir affronté mes limites car le passage est en début de visite de la fosse et j'aurais tout rater !

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