mardi 29 décembre 2015

Un ami d'enfance


Tout le monde n’a pas ce droit, cette chance, ce cadeau !
Le mien a partagé mon berceau et c’est aujourd’hui que je me rends compte que j’ai fait partie de ces rares privilégiés qui ont reçu un ami irremplaçable, un frère, un jumeau … quelqu’un qui sait tout de vous et qui vous aime quand même.

Que ce soit dans votre famille, dans votre quartier, sur les bancs de l’école ou dans le cadre d’activités extrascolaires, c’est un coup de chance (un coup de foudre amical) formidable d’avoir rencontré un alter-ego – un autre moi - ou une personne qui vous complète au point que vous ne fassiez plus qu’un ! Un ami unique et fidèle qui vous accompagne jour après jour sur la longue route de la vie.

On sait intuitivement que seul la mort pourra nous séparer car aucune autre personne (homme ou femme), aucun malentendu ne pourra avoir raison de notre relation. Elle est trop solide, trop de longue date ! Elle s’est bâtie sur la confiance dès les prémices de notre vie et chaque journée passée ensemble à consolider l’édifice. Si les acteurs de cette relation ont choisi la fidélité, l’honneur et la fraternité, cette amitié sera indestructible.

La question ne se pose même pas « est-ce un ami ? » ; c’est juste une évidence … On vit ensemble, on se côtoie et on grandit ensemble tout simplement. On ne peut s’imaginer l’un sans l’autre bien qu’on ait plus que probablement sa propre personnalité, son propre caractère - il n’est pas nécessaire d’être semblable – on est lié « à la vie, à la mort » et lorsque l’un des deux décède – quelque soit le moment -, on est à jamais amputé d’une partie de soi.
Lorsque votre ami d’enfance part, c’est tout un pan de votre vie qui l’accompagne, ce sont tous vos souvenirs communs qui meurent avec lui. C’est un manque éternel qui reste dans votre cœur et auquel vous aurez du mal à vous habituez : vous vivrez avec une souffrance qui ne cicatrise jamais et c’est toujours avec émotion, joie et néanmoins tristesse que vous vous rappellerez les moments passés ensemble. Perdre pareil ami vous plonge à jamais en enfer.
Comme disait si bien Brassens dans sa chanson « les copains d’abord », « Quand l’un d’entre eux manquait à bord, c’est qu’il était mort, mais jamais au grand jamais, son trou dans l’eau ne se refermait, cent ans après, coquin de sort, il manquait encore ! »
Car il est des absences que rien ne comble …

Même la jalousie de l’entourage ne peut entacher semblable amitié. Elle peut éventuellement séparer mais jamais désunir : un véritable ami revient toujours et la fierté baisse pavillon quand il s’agit de renouer des liens distendus mais incassables.
Les regrets d’avoir laisser pervertir cette relation amicale sont les seules conséquences car l’ami retrouvé est enclin à pardonner et accueillir. Tel que pour le retour de « l’enfant prodigue », l’ami momentanément délaissé est prêt à tuer le cochon gras pour fêter les retrouvailles !
Quelle joie lorsque l’on se retrouve d’évoquer des moments qui ne sont qu’à nous, de rire aux bêtises faites ensemble et pour lesquelles il y a prescription depuis longtemps !
Le plus gros regret est la perte de temps ainsi induite car l’amitié dormait sous la cendre et renaît immédiatement comme si le temps n’avait finalement aucune prise …
On se surprend à terminer la conversation commencée des années avant et toujours gravée entre nos mémoires : le temps a seulement suspendu son vol !
On a la crainte rétrospective d’avoir pris le risque de n’avoir pas pu revenir à temps, de n’avoir pas eu le temps de formuler l’affection que l’on se porte … car entre amis d’enfance, il n’y a pas de mots d’amour, les actes suffisent et on ne prend pas la peine de verbaliser.
Devant une telle évidence, on omet de se dire « je t’aime » et fréquemment, ce sont les premiers mots qui viennent lorsqu’il est trop tard. C’est bien souvent devant la tombe de son ami qu’on a le grand regret de s’être tu : certes, il le savait mais on a le sentiment que, si on l’avait dit, les choses auraient été autres … on ressent cette culpabilité de n’avoir pas eu la simplicité d’exprimer les élans de son cœur. Généralement, on ne dit pas assez qu’on aime (et c’est pareil vis-à-vis de ses parents, sa fratrie, sa famille), cette pudeur est ridicule … même si c’est un fait établi, que c’est dans une suite logique, que c’est presque obligé ! Il ne faut pas attendre l’irréparable pour parler … Soyons vrai et sincère surtout entre amis, ne laissez pas les « non-dit » détériorer vos souvenirs et faire naître des regrets !

Evidemment, cela fait envie ; cela peut gêner surtout ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier de ce genre de relation et qui se demande « pourquoi pas moi ? » mais il oublie une chose : avoir un ami d’enfance est un petit miracle, une joie immense mais c’est aussi un trou béant en votre cœur si la vie vous reprend ce cadeau. Cela demande aussi une disponibilité de cœur, une ouverture d’esprit que tous ne possède pas.
Parfois, votre vie est assez remplie, votre entourage assez présent pour que vous ne ressentiez pas l’envie d’aller vers les autres et d’oser tenter d’offrir votre amitié à quelqu’un … car on est souvent déçu : certains savent prendre mais pas donner ! Toute relation doit être basée sur la confiance et un échange équilibré …

L’amitié est une fleur rare qu’il faut cultiver avec amour et à laquelle on doit porter attention chaque jour, faire fi de son propre intérêt en ayant soin de rester délicat pour ne pas blesser ou trahir … tout le monde n’en est pas nécessairement capable !


lundi 28 décembre 2015

Les animaux domestiques


Nous nous sommes déjà étendu sur le sujet de l’amour entre humains, nous allons maintenant inspecter un amour tout à fait particulier et pas moins important que le précédent.

Certains ont le sentiment qu’il reçoive plus d’affection de leur animal de compagnie que des êtres humains et je ne peux leur donner tort ! Les animaux ont la faculté de vous aimer d’une façon totalement désintéressée (mais vous êtes quand même la main qui les nourrit donc il faut admettre qu’il y a au moins la reconnaissance du ventre) et d’une manière inconditionnelle (là on ne peut le nier).
Je pense que l’ami à quatre pattes est un miroir : plus vous l’aimez et plus il vous le rend ! Cependant, il y a une distinction à faire … comme l’être humain, l’animal a son propre caractère et il existe des animaux fugueurs, tellement épris de liberté qu’ils oublient tout l’amour qu’ils peuvent vous porter et, insouciants, pensent à leur seul désir sans s’occuper de vous faire de la peine !
Je parle donc de cette boule de poils que vous avez adopté dès le sevrage (ou la naissance si les géniteurs font partie de votre maison) et à laquelle vous avez immédiatement donné tout votre amour.

Il est scientifiquement prouvé que l’animal acquiert lors de sa vie la maturité d’un enfant de 5 à 7 ans et qu’il ne la dépassera pas. Voilà à mon sens la raison de sa capacité d’amour, il ne connait pas l’ingratitude de l’adulte ni la révolte de l’adolescent. On peut pourtant reconnaître une certaine sagesse chez l’animal vieillissant : il n’a plus la folie de la jeunesse et aime à observer la vie depuis son fauteuil : il ne se bougera plus sans raison …
L’animal conserve donc son instinct, son intuition et ces derniers ne seront jamais gommés par le sens-critique parfois utilisé à mauvais escient.

Votre ami ressent donc vos peines et vos joies et sera toujours présent pour répondre à vos demandes mêmes non formulées. Il fera le fou avec vous lorsque vous serez d’humeur joueuse ou simplement heureux et libérera des tonnes de tendresse quand vous aurez le cœur gros. Vous sentirez une petite boule de poils ou une petite langue qui vous consolera quand vous serez en pleurs : l’animal a un aspect apaisant et semble toujours trouver le bon geste pour vous aider.

L’animal de compagnie est un compagnon de route, un être vivant qu’il faut respecter et il vous le rendra au centuple. Ce n’est pas un jouet, il faut bien réfléchir avant de le prendre en charge et penser à toutes les implications que sa présence aura dans votre foyer. Ne le considérez pas non plus comme un cadeau pour un enfant : il peut être un compagnon de jeu pour le petit mais votre enfant sera trop jeune pour en être responsable … c’est toujours l’adulte qui devra assumer la responsabilité réelle !
Un animal peut vivre jusqu’à 15-20 ans (suivant l’animal adopté) et il faut en tenir compte car il est lâche de l’abandonner (et même monstrueux) : il n’est pas responsable de votre inconstance ! Ce n’est pas un produit de consommation ! Comme un enfant, si vous l’adoptez, vous devrez le garder jusqu’à la fin de sa vie (ou de la vôtre : si vous êtes en fin de vie, adoptez plutôt un animal déjà âgé, il sera plus calme et il vaut mieux qu’il ne vous survive pas trop longtemps ou trouvez une famille d’accueil pour après votre mort)
Certes, cela vous donnera des contraintes mais aussi sans doute vos plus belles joies et un soutien permanent.

L’inconvénient principal est la perte d’une part de votre liberté : fini le laisser-aller, il vous faudra le sortir, l’élever, le nourrir etc Cela aura donc un coût, une perte de temps.
Fini les vacances impromptues : on n’accepta pas les animaux de compagnie partout et il faut penser à le placer dans une maison de confiance ou un chenil si vous ne pouvez le prendre avec vous. Il existe de plus en plus d’hôtel ou de gite susceptible d’accepter un animal mais il vous faudra payer aussi sa pension (une location sera toujours plus chère si vous mentionnez un animal accompagnant et ces offres sont rapidement prises : il faut donc s’y prendre à l’avance).
C’est pareil pour une location, tous les propriétaires n’acceptent pas un locataire doté d’animaux par crainte des dégâts qu’ils peuvent engendrer (et c’est fréquent avec des animaux laissés à eux-mêmes) et, bien souvent, il vous faudra clôturer votre bien pour éviter les problèmes avec les voisins si l’animal s’échappe dans leurs propriétés.
Vous ne pourrez pas accéder à tous les lieux interdits aux animaux : restaurants, musée, etc …
Il vous faudra tenir compte des allergies éventuelles des petits enfants et il est possible que votre animal soit mal accepté même au sein de votre famille …
Pour faciliter son acceptation, une éducation rigoureuse est indispensable (comme pour les enfants en fait !) un animal bien dressé (mais je préfère dire bien élevé) sera finalement accueilli avec joie s’il se comporte correctement. Vous devrez vous aussi vous comporter en maître/ami responsable : surveiller le comportement de votre animal et éviter ses débordements … en un mot, prendre vos responsabilités !


Malgré mon amour pour les animaux, j’ai pris la décision d’y renoncer : j’aime trop ma liberté mais je me dis que , plus âgée quand je serai moins globe-trotteur, ce sera pour moi une grande joie de prendre un petit compagnon mais je choisirai alors un animal de 2-3 ans, jeune mais plus fou, déjà propre et élevé, un chat ou un chien ayant un vécu mais prêt à donner à nouveau sa confiance, capable de faire la différence entre ce qu’il a subi et l’accueil que je lui offrirai. J’écumerai les refuges pour trouver celui que je reconnaîtrai au premier regard comme l’ami recherché, celui qui viendra vers moi car il me sentira toute prête à l’aimer. Je veux faire le bonheur d’un animal abandonné et lui apprendre qu’il y a du bon dans l’Humain.

Je me permets de compléter cet article 6 ans plus tard car j'ai adopté un chien. J'ai offert un panier de vieillesse à un animal de 11 ans ... et je ne le regrette pas ! Il est capable d'autant d'amour qu'un chiot et à l'avantage d'être déjà propre et relativement obéissant. Certes, sa durée de vie est limitée et je dois me préparer à le perdre d'ici quelques années mais cela me convient. Cela m'a semblé une évidence : il était fait pour moi ! J'ai choisi un chien car il est moins restrictif qu'un chat (un chat choisit son maitre et n'en a qu'un !) : il aime toute la famille ! C'était une décision réfléchie et certainement pas due au confinement (Covid) puisque la situation sanitaire s'améliore ... et pour les inconvénients bien réels, je m'y adapterai !

vendredi 18 décembre 2015

Europapark


Situé en Allemagne à 60 km de Strasbourg, juste de l’autre côté du Rhin, on ne présente plus le plus grand parc d’Europe tant par sa superficie que par le nombre de ces attractions.
Divisé en plusieurs univers sur la thématique des pays, vous passez d’un pays à l’autre en retrouvant immédiatement l’atmosphère, l’ambiance et la gastronomie du pays choisi.
Il est très agréable de pouvoir choisir le pays visité et on a vraiment l’impression de s’y trouver (bien que les zones soient assez petites … mais je suis gourmande et aime en avoir toujours plus J)
Chaque « cast member » est costumé dans le style et l’époque du lieu et un badge bien pratique affiche non seulement le prénom de la personne mais également les drapeaux représentant les langues qu’il peut pratiquer : idéal quand on a besoin d’informations, quel gain de temps !

L’imposante entrée du parc permet un rapide passage aux caisses et entraîne le flux au travers d’une rue habillée de maisons reprenant le style de chaque univers ; avec en point d’orgue, un morceau du célèbre mur de Berlin (bien protégé derrière du PVC pour éviter d’être abîmé) : c’est une tranche du triste passé allemand qui se trouve devant nous.
Des personnages vous accueillent et vous permettent de prendre des photos in situ également avec des princesses et autres personnages de contes inconnus dans nos contrées. La présence d’orchestres et des spectacles disséminés partout dans le parc anime avantageusement les univers d’autant qu’ils respectent la thématique : ils ne sont pas là par hasard.
En milieu d’après-midi, une petite parade conduite par les artistes visibles lors des spectacles présente des chars représentant certains univers, celle-ci est également adaptée en fonction de l’actualité (notamment la victoire allemande au Mondial en 2013).

Beaucoup d’attractions à sensation, d’attractions mêlant vitesse et eau ponctuées par des manèges plus soft dédiée principalement aux enfants (surtout dans la partie plus ancienne).
Les magnifiques décors se laissent admirer grâce à la manière judicieuse de placer les files dans les coulisses de ces attractions et permettant même aux nombreux spectateurs de voir en détail ce qui les attend. La grande force de l’organisation allemande réside dans la gestion des files d’attente dont le minutage est parfaitement chronométré : si l’on vous annonce 20 minutes de file, ce sera 20 minutes et pas une de plus (ce qui est formidable quand l’on n’a pas envie de participer et que l’on attend conjoint et/ou enfant) … on peut parfaitement s’organiser pour profiter à fond du parc ! la foule est assez bien résorbée étant donné que les attractions sont très nombreuses. Je conseille d’ailleurs d’y consacrer deux jours pour avoir le temps de profiter à fond de l’offre !

La partie ancienne est très calme : jardins bien conçus et jeux d’eaux, extrêmement paisible par rapport à la clameur du reste du parc ; les fontaines musicales sont jolies bien que ce style d’attractions soit totalement obsolète … je ne trouve pas cela déplaisant de revenir un instant dans le passé. Une part de modernisme cependant car on trouve l’œuvre d’un sculpteur (dont le nom m’échappe, qui a la particularité de représenter des personnes anonymes – simple spectateur – et qui pousse l’obligeance jusqu'à faire des mises à jour pour que son personnage vieillisse)  auprès de l’étang et il est très amusant de se prendre en photo avec cette sympathique vieille dame. Les lieux sont également bien ombragés grâce à la présence d’arbres majestueux (ils ont eu le temps de bien grandir depuis l’ouverture du parc – le parc a 40 ans !) : c’est très agréable quand il fait chaud ! La possibilité de se reposer sous un saule est bien tentante et les chaises longues confortables.
Les passionnés déploreront cependant le manque d’attractions : on vous invite à la balade, à la flânerie !

La nouveauté du moment : Arthur et les minimoys … c’est gentil surtout pour les plus petits hormis la montagne russe mi dehors et mi à l’intérieur. C’est joli mais très sombre.

L’eau est omniprésente dans ce parc tant dans nombre d’attractions que par ruisseaux et étangs sans oublié la présence de brumisateur bien généreux en été !

Afin d’inciter les visiteurs à revenir, comme dans les parcs d’attractions les plus grands, ils organisent des fêtes spécifiques (par exemple : oktoberfeest, Halloween etc) car ce parc est ouvert toute l’année. On trouve également des quartier d’artisans et des artistes de rue typiques des univers développés notamment le bel artisanat russe.
Il est facile de se perdre et de découvrir de nouvelles zones même quand on a déjà eu l’occasion de visiter les lieux. Je me suis surprise à traîner dans des endroits où je n’avais encore jamais mis les pieds lors de mes visites précédentes.

L’offre des hôtels tient la route mais n’est pas à la portée de toutes les bourses ! La thématique est cependant respectée et je ne doute pas que cela puisse compléter remarquablement le parc mais je ne suis pas intéressée par la dépense que cela engendre …
Il faut toutefois essayer le logement en tipi pour le fun : c’est une expérience attrayante à faire une fois dans sa vie ! Le campement n’est pas proche de l’entrée mais une navette gratuite fait la jonction.

Pour une fois, je trouve que la gastronomie n’est pas trop abominable mais il s’agit de bien choisir l’univers où l’on s’alimente et du choix des mets (ils respectent la thématique : ne cherchez pas une pizza dans la partie finlandaise ! par contre, vous y trouverez des plats à base de poissons dont vous me direz des nouvelles …)
Encore faut-il oser se laisser tenter par un repas moins conventionnel ou peu adapté à nos palais …

J’avoue cependant qu’il ne s’agit pas de mon parc préféré : trop grand, trop bruyant …j’aime l’aspect plus cosy de certains parcs ! Ici, ils ont voulu en mettre plein la vue et ont négligé le visuel dans certains secteurs (c’est dommage)


jeudi 17 décembre 2015

L'amitié



Nous ne parlerons pas ici des amis d’enfance qui font l’objet d’un autre article : ces « amis de toujours » mérite bien un pensum à eux seuls à cause de l’affectivité qui y est attaché mais aussi de sa rareté. Heureux les personnes ayant la chance d’avoir ce genre d’amis !
J’évoquerai aussi l’amitié que votre animal domestique peut vous porter dans un article futur : jamais je ne nierai l’importance que peut avoir un animal/ami dans notre vie avec une fidélité rarement égalée par un humain !

Nous n’aborderons pas non plus la question des amis virtuels (Facebook) qui, même si certains peuvent effectivement être vrais, ne sont pas, à mes yeux, représentatifs de l’amitié que je veux évoquer.

Pour commencer, il nous faut bien admettre que généralement une main peut suffire pour comptabiliser le nombre d’amis véritables que l’on peut avoir - en acceptant aussi l’idée que certains sont dignes d’être appelé « ami »  mais ne font que traverser votre vie : certains amis ne sont tout simplement pas destinés à vous accompagner jusqu’au bout – le compte peut donc fluctuer en fonction des aléas de la vie …

Comment qualifié un ami ? Une personne de confiance à qui l’on peut tout dire en ayant la certitude que rien ne sera répété : un véritable ami est une tombe ! Une personne qui fera de son mieux pour vous écouter, vous comprendre, vous soutenir, vous remonter le moral ou simplement se taire si les mots ne sont pas nécessaires. Quelqu’un que vous ne verrez peut-être pas tous les jours mais qui sera toujours là pour vous, qui répondra toujours présent en cas de besoin et que vous pourrez appeler n’importe quand. Une personne que vous pouvez retrouver après des mois et avec laquelle vous reprendrez naturellement la conversation comme si vous vous étiez quittés la veille.
Une personne rare, fidèle, honnête qui donnera autant qu’elle reçoit, qui vous écoutera sans vous juger, qui vous consacrera du temps même si elle en dispose de peu.

Quand donner le titre d’ami ? Il est certain que la vraie amitié se construit – la confiance ne naît pas en un jour – c’est un investissement qui doit être réciproque et de longue haleine.
Lorsque l’on rencontre une personne, on ne peut jamais savoir à l’avance s’il sera un ami, un copain, éventuellement un copain de guindaille ou une simple connaissance. C’est dans la durée seulement qu’on peut un jour se dire : « celui-là, c’est vraiment un ami ! »
La prudence est requise pour empêcher de voir sa confiance trahie, pour éviter une déception … comme l’amour, l’amitié ne se galvaude pas ! De copain à ami, il y a tout un « travail de maturité » qui nécessite du temps et une volonté réciproque de s’investir dans un lien, une relation …

On peut se faire des amis à tout âge mais la maturité confère une sagesse que jeunesse ne possède pas et un ami de l’âge adulte sera plus stable sauf lorsqu’on à la chance d’évoluer dans le même sens, d’emprunter un même chemin et de vieillir ensemble. Lorsque notre personnalité est bien assise et que l’on rencontre une personne avec laquelle nous avons assez d’atomes crochus pour devenir ami, on a moins de chance de s’éloigner par la suite …
Car l’alchimie prendra plus facilement entre personnes ayant la même orientation d’esprit, la même vision des choses … en n’ayant aucun sujet de discorde, la relation est bien plus aisé.
Lorsque l’on se connait soi-même, on est plus apte à reconnaître les personnes susceptibles de nous convenir, d’aller dans le même sens que nous ; et de faire naître l’envie de s’accompagner un bout de chemin ou jusqu’au bout de nos vies.
Il est cependant plus difficile de rencontrer quelqu’un qui nous correspond à 100% quand on a déjà un copieux bagage : on est moins tolérant, moins ouvert et l’on n’a plus nécessairement envie de modifier notre manière de pensée ou d’agir. On se fait donc plus rarement des amis à l’âge adulte mais si cela arrive, ils sont triés sur le volet !

Tout le monde a envie d’avoir des amis : on vit dans une société où il est normal voire nécessaire d’avoir des amis et le danger est donc de parer une personne de toutes les qualités pour le juger digne d’être un ami ; c’est une erreur qui peut parfois être lourde de conséquences. On ne peut pas se permettre de brûler les étapes, une amitié doit se construire peu à peu et, je le répète, il faut une volonté réciproque réelle et sans équivoque : l’amitié est une relation désintéressée et, en aucun cas, avec un but sous-jacent…
Ne dit-on d’ailleurs pas « en affaire pas d’amis » s’il est donc possible d’avoir des collègues pour amis, il est plus sain de choisir alors des collègues avec lesquels on ne soit pas en relation direct, avec lesquels il n’y ai ni relation de hiérarchie, ni une rivalité potentielle.
Beaucoup de pseudo amitié ou d’amitié naissante ne survive pas lorsqu’il y a un conflit d’intérêt, une éventuelle promotion ou simplement des points de vue différents.

Cette relation doit être équilibrée et finalement, quelque part, chaque protagoniste doit y trouver son compte !

Parlons un instant de l’amitié entre homme et femme du même âge, je pense que celle-ci peut exister mais plus les protagonistes seront jeunes et plus ce sera rare, car il y aura toujours un rapport de séduction dû à la différence des sexes. A tout moment peut naître un sentiment de curiosité, une gêne par rapport à certaines situations.
Dans le cadre d’une amitié homme/femme, une grosse différence d’âge facilitera les choses … mais ne tombons nous pas alors davantage dans un rapport de mentor ?


L’amitié étant par définition un sentiment, toute relation passera par votre filtre personnel et, comme vous, cette relation sera unique et  finalement, telle que vous désirerez la voir et la vivre.

J'ai ce privilège d'avoir des amis rares et précieux, et j'apprécie chaque jour l'immense chance qu'il m'ait été donné de les rencontrer ... et les reconnaître.

mardi 15 décembre 2015

Phantasialand


S’il est bien un parc d’attractions où j’ai toujours grand plaisir à me rendre, c’est bien ce parc qui est probablement l’un de mes parcs préférés et certainement mon parc allemand préféré !

Déjà, le parking est ombragé, certes un peu pentu et avec l’inconvénient des racines des arbres (on n’a pas l’un sans l’autre) mais quelle joie de récupérer une voiture non surchauffée après une agréable journée en famille.
Ensuite, il y a le personnel des caisses qui, bien que parlant mal le français, se débrouille assez bien en anglais et est surtout d’une gentillesse remarquable : ils font tout pour vous comprendre et vous aider.
Enfin, il y a l’organisation formidable : à l’entrée, vous recevez un bracelet sur lequel vous êtes priés d’inscrire nom et N° de GSM afin de pallier à toute perte d’enfant … l’efficacité allemande est redoutable et ce simple ruban de papier vous confère une confiance et une sécurité que vous ne retrouverez nulle part ailleurs (bon, je surveille trop mes enfants pour risquer de les perdre un seul instant, mais tous le monde n’est pas mère poule comme moi !)

Vous pénétrez dans le parc et découvrez un décor fantastique et surnaturel … d’accord, vous commencez aussi par une côte qui vous met directement en jambes mais peu importe quand l’environnement vous enthousiasme. Ne ratez pas la « river quest » ! Cette attraction remarquablement customisée vous présente des bouées qui ont la particularité de monter en ascenseur avant de descendre de 3 étages dans une rivière torrentielle …impossible de rester au sec mais, pas de panique, de pratique « sèche personne » vous attendent à la sortie. Cette partie "mystery"  vous offre aussi d’entrée le « mystery castle » qui vaut également le détour !

Vous débouchez dans la partie chinoise et pouvez d’emblée admirer un restaurant chinois avec ses jardins, son salon de thé (un magasin en fait) et le temple dans lequel se trouve une attraction liant magie et horreur. Vers le haut, après le Bouddha géant, vous accédez au train fantôme qui est plus amusant qu’effrayant pour arrivez dans la partie africaine.

Le Black Mamba s’enroule entre grotte et vallée pour surplomber par moments les chemins que vous empruntez. C’est le départ pour plusieurs attractions exceptionnels et rapides (train de la mine et l’inénarrable « Talocan » qui allie eau et feu)  qui font de ce parc un lieu de prédilection pour les ados friands de sensations.
L’avantage en Allemagne est que la durée des files est parfaitement synchronisée : si l’on vous dit 20 minutes d’attente, ce sera 20 minutes et pas une de plus ! Les files sont agréablement noyées dans les coulisses (avec un décor réservé pour elles) et, dès lors, les spectateurs ne rateront pas un instant le défilement des attractions (le spectacle suffit parfois pour certains qui désirent participer à l’attraction par procuration … je n’ai pas non plus pour ambition d’avoir sans cesse la tête en bas mais apprécie la beauté de l’exercice … réalisé par les autres)

Deux chemins s’ouvrent à vous : par le haut, vous déboucherez sur le vieux Berlin qui est bien attrayant et par le bas, sur le Mexique et sa magnifique (et récente) "Chiapas" (une grandiose rivière sauvage qui vaut le détour, rien que pour sa sublime descente) dans un décor mexicain parfaitement réalisé (et réaliste) après un court passage par le Far West pour vous retrouverez enfin à Berlin.

La transposition d’une rue berlinoise d’époque avec les figurants ad-hoc et sa fête foraine ancienne vous entraine dans un monde révolu d’avant guerre. Les divers vieux manèges raviront vos enfants qui ne sauront où donner de la tête et tenteront de courir dans toutes les directions… pas de problème, grâce à l’efficacité allemande si réputée, ils auront largement le temps de faire plusieurs tours dans ces machines à rêves. La mascotte vous y retrouvera, comme dans chaque partie du parc, dûment revêtu du costume traditionnel des lieux visités.
Face aux chaises volantes, rendues plus amusantes par son passage sur des jets d’eaux grandissant et vous frôlant sans pour autant vous mouiller, je vous conseiller l’attraction « Maus au chocolat » qui est une petite merveille d’interactivité : vous deviendrez pendant quelques minutes chasseur de souris au sein d’une pâtisserie et vous apprécierez de pouvoir les assommer à coups de boules de chocolat magistralement administrées avec une douille à crème. Vous pourrez visiter également un bien étrange hôtel et en sortir grâce à un joyeux toboggan (il y a un escalier pour les moins hardis mais c’est nettement moins drôle)

Après avoir traversé la place inondée de soleil, vous passerez sous une arcade pour vous rendre dans la partie la plus ancienne du parc mais aussi la plus féerique. Là, le nom du parc prend toute son importance : c’est endroit est fantastique, les décors bien réalisés et imaginatifs, peuplés d’êtres fantaisistes, curieux et adorables.
Cette partie vous offrira d’autres attractions plus enfantines et l’accès à quelques cinémas 3D et une partie jeux d’enfants indoor.
Une agréable promenade vous sera proposée vers l’entrée primaire du parc, ses balades en pédalo et ses bateaux dans un décor fantaisiste ; le tout dans un environnement verdoyant et fleuri, calmant pour un instant les soubresauts de votre cœur palpitant.

La gastronomie est un peu mieux respectée dans les restaurants qu’aux Pays-Bas et l’offre de snack est convenable. Il est bon de savoir que l’écologie est également respectée puisque les bouteilles d’eau en plastique qui sont vendues sur place sont cautionnées (vous pouvez donc les rendre en échange de monnaie ou d’une autre bouteille qui vous coûtera donc moins cher)
Je n’ai pas testé l’offre des hôtels qui sont très beaux mais, me semble-t-il, un peu chers.

Tout est fait pour rendre votre séjour plaisant et vous inciter à revenir bien vite (ce dont je ne me priverais certainement pas) … lors de mon passage, des travaux d’agrandissement avaient lieu et j’ai donc hâte de découvrir, dans quelques années, les changements et nouveautés qu’ils auront apportés.


lundi 14 décembre 2015

Efteling


A mon sens, un des plus beaux parcs d’Europe qui existe depuis plus de 40 ans et qui s’est magnifiquement restauré et modernisé ! Certainement le plus beau parc des Pays-Bas et qui fait partie de mon tiercé gagnant !
Déjà détenteur de la pomme d’or des meilleurs parcs, je pense qu’il a su tirer parti de l’émulation due à l’arrivée de l’univers d’Eurodisney … Je le fréquente avec joie depuis des années, le connais extrêmement bien et y retourne aussi souvent que possible.

Je risque donc de ne pas être totalement impartiale en parlant de ce parc d’attractions car je l’adore !
Hormis la difficulté de la langue que je ne maîtrise pas, tout me réjouit dans ce parc (et quelque soit la saison !)
La saison d’été est certes très chouette avec son soleil, sa chaleur et l’ombre avantageuse des grands arbres sans oublier l’ajout de brumisateurs bien agréable lors des canicules ; très plaisant de profiter des attractions d’eau mais j’aime aussi l’hiver avec la féerie de Noël !
Cependant, il faut bien choisir la date de votre visite : les horaires d’ouverture diffèrent en cours d’année et il vaut mieux privilégier les jours avec nocturne afin de profiter à fond du parc (et 2 jours peuvent être nécessaires pour tout voir et tout faire)

Comme dans les plus grands parcs, nous retrouvons le même type d’attractions customisé à la mode hollandaise et des personnages inconnus mais bien sympathiques. Nous noterons juste l’absence d’une parade mais le spectacle final est bien présent et grandiose (bien que basé sur des fontaines chantantes et dansantes qui ne plaisent pas à tout le monde)

La partie la plus ancienne du parc – le bois des contes – a été entièrement remise à neuf et remastérisée : c’est fascinant…  le visuel permet d’oublier l’obstacle de la langue, de plus, ce n’est pas comme si nous ignorions tout des contes de fées !
Chaque endroit dédié à un conte est parfaitement isolé des autres pour éviter tout parasitage et il est très agréable de suivre les sentiers sinueux parsemés de champignons musicaux (style amanite tue-mouche) où les enfants prennent plaisir à s’asseoir.
Chaque maisonnette est décorée et habitée par un ou plusieurs automates très représentatifs, tandis que l’histoire est racontée (en néerlandais) parfois d’une manière interactive ; certaines sont dotées d’effets spéciaux très bien faits. Une bonne façon de renouer avec les contes de notre enfance !

Le « droomvlucht » (voyage de rêve) plait aussi beaucoup aux enfants avec ses petites fées et ses trolls dans une jolie forêt fleurie et des marécages sympathiques. Face aux plaisirs des yeux, les plus petits oublient d’avoir peur dans cette montagne-russe (gentille mais montant quand même assez haut) assez rapide dans les descentes.

Aujourd’hui, le merchandising s’est également beaucoup développé à la sortie des attractions (influence américaine, je présume, il faut bien rentabiliser l’ensemble pour faire face aux coûts de plus en plus élevés de ces parcs : modernisme et personnel en nombre se paient !)
Les enfants sont évidemment très attirés par les objets en vente et ils se voient très bien transformés en fée, en princesse, etc grâce à la magie de ces accessoires (laissant sans problème les parents ouvrirent leur portefeuille … le sourire d’un enfant n’a pas de prix et ces industries du loisir l’ont parfaitement compris !) Il est a noté qu’il est aussi possible depuis 2 ans d’acheter des maisonnettes et personnages estampillés Efteling pour votre village de Noël – disponible également dans certains Brico.

La création d’un spectacle haut en couleur, scénarisé par les artistes du « Puy-du-Fou » a également de quoi attirer le chaland et faire rêver les foules … il est cependant conseillé de bien choisir l’emplacement où s’asseoir pour assister au spectacle : on ne voit pas bien partout !
« Ravenlijn », est un spectacle alliant l’équitation, escrime, fantastique … ils ratissent large !
De quoi contenter tout le monde …

Ce parc réussit l’exploit de plaire à l’ensemble de la famille devant la diversité de son offre car le parc invite également à la promenade dans des zones plus calmes mais où le visuel est astucieusement bien pensé (certains trouveront d’ailleurs l’écart entre les différentes zones assez long : il reste donc bien de la place pour pouvoir s’agrandir !)
Les toilettes sont donc aussi assez espacées : pensez à prendre vos précautions avant de vous engager dans la nature …

La gastronomie hollandaise est très mal réputée et, bien évidemment, la restauration sur place est atroce (vous aimez les mayonnaises sucrées ? j’ai personnellement eu du mal à m’y faire). Je vous conseille donc de prendre votre pique-nique avec vous, si vous n’êtes pas téméraire (ou que vos enfants sont des gourmets !) par contre, les crêpes sont très bonnes !
Comme pour les toilettes, l’offre alimentaire est limitée à certaines zones … étudier bien le plan pour trouver votre bonheur afin d’éviter déception et hargne des enfants !

Je n’ai pas testé l’hôtel Efteling qui est féerique mais assez cher, ni le village « bosrijk » existant depuis peu (il faut s’y prendre à l’avance pour les réservations) apparemment, ils ont beaucoup de succès. Ma découverte des parcs d’attractions se limite aux parcs (d’autant que l’hôtellerie est relativement récente) je regarde cependant les offres spéciales mais celles-ci se situent bien souvent en pleine semaine ou pendant des périodes qui ne me conviennent pas (histoire de remplir auberge, maisons et hôtel hors saison : rentabilité quand tu nous tiens !)

La période hivernale n’est pas dénuée d’intérêt malgré les températures basses. Le bois des contes est bien joli sous la neige (parfois artificielle qui recouvre les maisonnettes). Il se dégage une autre atmosphère plus féerique avec la décoration d’ambiance.
Le cirque dans la prairie (parfois présent en été) est remplacé par un chapiteau offrant l’opportunité aux enfants de faire de la luge et du patinage sur glace (sport de prédilection des hollandais) et il est sympa de prendre un chocolat ou un vin chaud pendant que les enfants s’amusent. Un village de Noël accueille les passants et permet de se réchauffer devant un grand feu de bois (de joie) et en compagnie de chorale nous réjouissant de chants de circonstance. Je signale cependant que l’ensemble du parc n’est plus accessible en soirée mais l’éclairage diffus donne de la profondeur aux parties libres.

vendredi 11 décembre 2015

L'adolescence



Le plus bel âge de la vie, celui où l’insouciance s’allie avec l’inconscience …
L’âge ingrat celui où de chenille, l’enfant devient papillon…
La période sans doute la plus dure de la vie quand on se trouve au cœur de ces changements et celle qu’on regarde avec regret quand, à l’âge mûr, tout est déjà joué …et parfois perdu !
Un passage obligé que les parents appréhendent pour leurs enfants et que les jeunes traversent sans retenue, avec la fougue et l’insolence de leur jeunesse !

Un matin, l’enfant adoré et adorable qu’on aime plus que tout au monde et qui faisait notre ravissement - tendre figure d’ange  qu’on chouchoutait - se réveille dans la peau d’un monstre.
Cela se fait pourtant tout en douceur et, imperceptible aux prémices de l’adolescence, finit par se déployer dans toute son horreur : notre enfant a grandit et ne nous appartient plus du tout.

Un matin, notre angelot découvre son premier bouton, son premier poil ou la naissance d’une protubérance que, la veille encore, rien ne laissait présager et tombe alors le voile de l’ignorance ! « Je ne suis plus un bébé » tonne-t-il … et il a malheureusement raison …
Notre petit adulte en devenir se prend pour un « grand » et commence à renier tout ce qu’on lui a appris (en commençant par les bonnes manières) et à entrer en rébellion (ouverte ou pas) contre toutes nos décisions (par pur esprit de contraction d’abord, pour dépasser les limites ensuite et enfin surtout pour s’affirmer).

A ce moment, la place des parents sera rapidement occupée, que dis-je envahie, par la meute des copains dont la seule parole aura force de Loi et dont la piètre expérience devient « connaissance ».

Les parents, fatalement ringards, bien que rarement amnésiques quant à leur propre expérience (malheureuse ou non) de cette époque faste deviennent subitement obsolètes et tombent de leur piédestal : de « Dieu » dans le regard de leur enfant confiant, ils deviennent l’animal à abattre, la figure de l’autorité et de fait les « empêcheurs de tourner en rond » !
Cela a beau être le juste retour des choses, ça fait quand même mal !

Maman qui était tendre, douce et la meilleure donneuse de câlins, maman aux baisers magiques qui avait le pouvoir de tout comprendre, tout soigner, tout réconforter devient une ignorante dont le seul but est de ruiner la vie de son (ses) enfant(s).
Si, par hasard, le « presque encore un peu enfant » ressentait le besoin d’un dernier petit baiser maternel, il est devenu totalement exclu que ce « secret d’Etat » suinte en dehors de la cellule familiale. Hors de question de le ridiculiser devant ses copains par un tendre câlin le ramenant, de facto, au rang de bébé !... comme si l’amour maternel devenait un boulet !

Papa, figure de l’autorité parentale et du pouvoir absolu, devient l’ennemi, celui qui ne comprend rien, le « vieux » qui ne supporte pas que Jeunesse prenne son envol et quitte le giron familial ! (ben, il ne serait pas contre si « l’adulte » en face de lui avait l’âge requis.)
Papa qui oubliait son âge pour jouer au football ou lire un livre (en prenant des voix différentes et en jouant la scène), qui savait donner autant de câlins que de bons conseils, qui était « le plus beau, le plus grand, le plus fort » devient un « has been » qui n’a même jamais été jeune (ou il y a tellement longtemps qu’il a oublié !)

Dure est la déchéance parentale …
Car notre adulte – encore en courtes culottes – n’a ni l’âge ni les moyens de s’assumer et, malgré ses rêves d’indépendance, notre ado doit bien admettre que sans « sponsor », il lui sera difficile d’atteindre les sommets qu’il vise !
Défiant toute logique, il déclare donc sans hésiter que ses parents ayant fait le choix (ou la maladresse) de lui donner la vie, sont tenus de pourvoir non seulement à ses besoins mais également à tous ses désirs (sans doute pour se faire pardonner d’avoir eu l’égoïsme de le créer afin de le forcer à réaliser leurs rêves inassouvis ou d’avoir eu la bêtise de le mettre au monde sur une terre aussi stupide qui force l’être humain à travailler !)
Son idéal étant fatalement aux antipodes du nôtre.

Comment notre enfant pourrait-il imaginer nos rêves enfouis et oubliés sous la tonne de responsabilités que nous confère l’âge adulte ?

Comment pourrait-il imaginer nos sourires devant ses arguments qui furent les nôtres, nos rires parfois face à ses actes sans cesse réinventés qu’il croit originaux ?

Comment pourrait-il comprendre que notre mémoire se souvient et, qu’à bien des égards, il est tout pareil à nous … nous qui avions cru également transformer le monde, l’améliorer et qui, la queue entre les pattes, avons dû rentrer dans le rang et enterrer nos révolutions. Nous qui avons blâmé nos parents bien avant eux et qui , à notre tour, subissons le même sort.
« Tes enfants me vengeront » disait ma mère sous mon insolence et mes cris …

Comment pourrais-je en faire reproche à mon enfant alors qu’il ne fait que répéter ce que j’ai fait avant lui ?
Comment ne pas m’attendrir face à cet enfant qui me ressemble tant et réveille en moi le souvenir d’une petite fille qui lui ressemble tellement ?
Comment ne pas penser qu’un jour, pas si lointain, il se souviendra de moi – parfois avec tristesse, parfois avec émotion – car il se trouvera dans la même situation que moi et qu’à l’instar de moi, il regrettera tout ce qu’il me fait subir ?

Demain, mon ado, quand je ne serai peut-être plus là, tu comprendras , tu t’attendriras devant ton enfant et tu sauras alors toute la patience et l’amour que j’ai eu pour toi.